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samedi 17 octobre 2009

Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Soeurs des pauvres

Article publié dans La Croix du 9 octobre
Les héritières de Jeanne Jugan au chevet de la grande vieillesse

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jeudi 15 octobre 2009

La vie est inestimable!


Action Catholique Ouvrière

La vie est inestimable !
Travailleur-pion qu’on déplace sans qu’il en comprenne la finalité.
Travailleur-objet qu’on fourre dans un placard, lui niant toute utilité.
Travailleur-outil qu’on jette après l’avoir brisé.
Travailleur-esclave qu’on frappe dans sa dignité.
Travailleur dont le salaire est considéré comme une entrave à la compétitivité.
Travailleur dont l’aspiration à bâtir des projets s’oppose à l’exigence de la flexibilité.
Travailleur dont le besoin de donner sens à son métier s’affronte à la loi de la rentabilité.
Quand le profit devient seul moteur de la marche du monde,
Que devient l’Homme ? Quel sens a sa vie ?

Peur de ne pas atteindre les objectifs, peur des agressions verbales,
peur des insinuations qui culpabilisent, peur d’être déplacé une fois de plus.
Corps qui lâche lorsque le travail prend toute la vie et qu’il zappe la famille, les amis, les loisirs.
Certains se demandent ce que vaut la vie et vont jusqu’à y renoncer.
Quand les dévoreurs d’humanité ont les mains libres,
Que devient l’Homme ? Quel sens a sa vie ?

Homme-individu perdu dans un monde globalisé,
Homme noyé dans un flot d’informations,
Tu veux pouvoir dire ta souffrance, ta mal-vie,
Ce n’est pas d’une cellule psychologique, d’un pansement, dont tu as besoin,
Tu veux être écouté vraiment, tu veux compter pour quelqu’un.
Il faut renverser les valeurs, il faut bousculer les priorités.
De tous temps, des hommes ont lutté contre l’exploitation exercée par d’autres hommes
et des systèmes avides d’argent et de pouvoir.
Nous sommes capables de résister, de faire place à l’humain,
d’agir collectivement avec les organisations syndicales, politiques, associatives,
y compris à l’échelle du monde.
Dans les actions collectives, nous ressentons de la fraternité, et ça nous fait chaud au coeur.
Si ton collègue souffre au boulot, ne vas-tu pas l’écouter ?
Si ton voisin s’enfonce dans la pauvreté, ne vas-tu pas lui tendre la main ?
Si le syndicat appelle à se rassembler, ne vas-tu pas te solidariser ?
Quand la justice sociale et le respect de la dignité progressent,
Quand l’homme grandit,
la Vie prend le dessus.

Pour l’ACO, la vie est un trésor indispensable dans le projet de Dieu.
Il veut que chaque être humain soit aimé, respecté dans sa dignité et dans ses droits.
Nous croyons que Jésus-Christ, par sa vie et ses actions, sa croix et sa résurrection,
vient s’opposer aux plans qui déshumanisent. Il nous pousse à agir, à aller vers les autres,
à croire dans les capacités de chacun et dans la force du collectif, à redonner à l’homme sa vraie valeur.
Nous voulons être associés à tout ce qui concerne notre travail, notre cadre de vie et l’évolution du monde.
Au nom de notre dignité, nous voulons exercer nos responsabilités,
poser des actes citoyens, participer à la création.
Quand la fraternité guide les hommes,
quand le travail est source de dignité,
la vie reprend goût.
Oui, la VIE est inestimable !


L’Action Catholique Ouvrière
réunie en Conseil national le 10 octobre 2009

lundi 12 octobre 2009

Crise du lait : pour une économie et une agriculture au service de l’homme.

Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a publié le 6 octobre 2009, un communiqué de presse intitulé : "Crise du lait : pour une économie et une agriculture au service de l’homme".


La situation des producteurs laitiers n’est pas moins tragique, dans les Pyrénées-Atlantiques, que dans bien d’autres régions de France ou d’Europe.

L’effondrement des prix du lait est en effet tel que la plupart d’entre eux ne sont plus en mesure de couvrir leurs coûts de production, et beaucoup pourraient bien succomber sous le poids de la dette qui les accable.

A court terme, l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution entendent tirer parti de la baisse des prix du lait pour accroître leurs marges et leurs profits, mais à moyen ou à long terme, cette politique implique la disparition d’un grand nombre d’éleveurs et d’exploitants agricoles, au détriment du tissu rural et de la collectivité tout entière.

Les grèves et la radicalisation des producteurs de lait sont, pour l’heure, l’expression d’un profond désarroi, un véritable « cri de désespoir » auquel l’Etat et les instances européennes ne peuvent pas ne pas répondre.

Il n’est donc pas acceptable qu’au nom d’un libéralisme sans frein, l’Europe des technocrates de Bruxelles prétende imposer à l’ensemble de ses pays membres, des orientations qui, sous prétexte de performances économiques, créent des inégalités supplémentaires au détriment d’un grand nombre d’exploitants agricoles.

L’économie est faite pour l’homme et non l’homme pour l’économie. Voilà pourquoi l’Eglise défend le droit, pour tout homme, de vivre des fruits de son travail, de percevoir un « juste salaire » ou d’être rémunéré en fonction d’un « juste prix », susceptible de lui permettre de vivre dignement avec tous les siens ; « l’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande », et le marché « ne doit pas devenir le lieu de la domination du fort sur le faible » (Benoît XVI, Caritas in veritate, § 36).

C’est dans cet esprit que je soutiens, et que j’appelle les chrétiens du diocèse à soutenir, auprès des pouvoirs publics, les revendications des producteurs de lait en faveur d’une nouvelle réglementation européenne et d’une juste régulation du marché.

Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, le 6 octobre 2009.