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vendredi 11 décembre 2009

3ème dimanche de l'Avent


Maître, que nous faut-il faire? St Luc 3, 10-18
La période de l’Avent est avant tout une période de conversion. C’est pourquoi le prêtre porte l’étole de couleur violette.

C’est une période de préparation à la fête de Noël pendant laquelle nous sommes invités à recevoir Dieu dans nos vies en acceptant sa miséricorde et son pardon.
Dans l’évangile de ce 3ème dimanche de l'Avent, les gens qui vont trouver Jean Baptiste lui demandent :

«Que devons-nous faire?»

Il ne s’agit pas de savoir ce que les autres doivent faire pour que le Royaume de Dieu arrive, ce que le gouvernement doit faire, ce que l’Église doit faire?... Non.

Qu’est-ce que « nous » devons faire?
Il ne s'agit pas non plus de savoir ce que nous devons penser ou ce que nous devons croire.

« Que devons-nous faire? ». Tout le message de Jésus ira dans le même sens.

La question ultime, maintenant comme au jour du jugement, sera toujours: « Comment as-tu agi ? Comment as-tu traité ton prochain ? ».


Et Jean Baptiste répond qu’ils doivent:


  • s’entraider,

  • partager leur surplus avec ceux qui sont dans le besoin,

  • être honnêtes et justes,

  • qu’ils ne doivent pas utiliser leur position de force pour abuser des autres…

Rien de bien extraordinaire dans tout cela, mais une façon honnête et juste de vivre sa vie. Ils sont invités à produire des fruits de conversion.
Aux percepteurs d’impôts et aux policiers de l’armée d’occupation Jean-Baptiste ne demande pas de changer de métier, mais seulement de se comporter de manière nouvelle : respecter la justice, ne pas abuser de la force qu’on a entre les mains, s’en tenir au droit, aux lois, au civisme.
Et moi? Quels sont les péchés habituels de ma profession, de ma situation, de ma vie de tous les jours? […]
Pour séparer le bien du mal, Jean Baptiste utilise la très belle image du vanneur. Debout, un jour de grand vent, le fermier prend dans sa grande «pelle à vanner» un mélange de poussière, de balle, et de grain... et il lance le contenu dans l’air. Alors le grain plus lourd tombe à la verticale et la paille, plus légère, est balayée par le vent.
La célébration de la pénitence nous invite à séparer ce qui a de la valeur, ce qui a du poids, ce qui est bon dans nos vies, de ce qui n’en a pas, de conserver le grain de blé et de se débarrasser de la paille inutile.
Les repliements sur soi, les comportements négatifs risquent de rapetisser notre âme comme une peau de chagrin et d’assécher notre coeur, d’engendrer une perte de joie et de paix intérieure. Lorsque ces comportements ne sont pas corrigés, il y a en nous quelque chose qui ne tourne pas rond, qui nous empêche de nous épanouir pleinement. On s’habitue alors à vivre dans la monotonie et dans la médiocrité.
Être chrétien veut dire croire que le Règne de Dieu est possible, croire qu’il peut y avoir moins de violence dans nos foyers, moins d’abandon des enfants à eux-mêmes, moins de solitude chez les personnes âgées, moins de discordes entre voisins, moins de guerres, de famines, d’inégalités, d’injustices. Le Règne de Dieu est possible si chacun de nous, à l’invitation de Dieu, fait des efforts pour créer un monde meilleur.
Fêter Noël, c’est fêter l’arrivée de Dieu parmi nous, un Dieu qui nous invite à construire avec lui un monde nouveau.
Que faut-il faire pour nous convertir à la vision de Dieu?

Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., Canada.

jeudi 10 décembre 2009

L'Avent: usages et coutumes



LA COURONNE

La couronne est un ancien symbole aux significations multiples. Nos ancêtres au nord de l'Europe, qui craignaient, comme les Romains, de voir le soleil disparaître pour toujours, habillaient leur logis au coeur de l'hiver de couronnes composées de feuillages verts. Les couronnes rondes évoquent ainsi le soleil et annoncent son retour. Le cercle rappelle que le temps des fêtes nous revient à chaque année, et c'est ainsi qu'il fut un très ancien symbole de la vie éternelle. Pour nous, chrétiens, il symbolise que Jésus va revenir, que l'Avent n'est donc pas seulement l'attente avant Noël, mais aussi bien l'attente du Retour du Christ. La coutume de la couronne de l'Avent est née il y a très longtemps en Allemagne (au 16ème siècle) pour préparer les chrétiens à la grande fête de Noël qui allait venir dans quatre semaines.

LES BOUGIES
Leur présence est le symbole de la lumière dans la foi chrétienne qui apporte l'espoir en la paix. Avant l'ère chrétienne, elles étaient déjà sources de lumière et de joie.
Plus discrètes que les torches, moins agressives que les feux, elles étaient aussi signe de consolation et de solennité.
Plus récemment, un pasteur luthérien allemand décida d'allumer chaque jour une bougie disposée sur une roue, pour marquer les 24 jours qui précèdent Noël. La roue fut remplacée par une couronne de sapin et les bougies réduites à 4. Elles marquaient ainsi les 4 dimanches qui précèdent Noël. Le plus souvent les bougies sont rouges pour évoquer le feu et la lumière. Sur les couronnes d'inspiration suédoise, les bougies sont blanches, couleur de fête et de pureté. En Autriche on les choisit violettes car cette couleur est symbole de pénitence. Elles sont donc quatre, allumées à tour de rôle. Elles sont expressives si nous savons les relier à la liturgie et à l'histoire du salut. Réparties symétriquement ou non, elles seront les éléments forts chargés de rappeler que la lumière de Noël approche.
  • La 1ère est symbole du pardon accordé à Adam et Eve : mortels, ils vivront donc en Dieu.
  • La 2ème est symbole de la foi des Patriarches, croyant au don de la Terre promise.
  • La 3ème est symbole de la joie de David, sa lignée ne mourra pas.
  • La 4ème est symbole de l'enseignement des prophètes, qui annoncent justice et paix.[...]
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lundi 7 décembre 2009

Un Credo d'Avent


Je crois en Dieu qui est le Père de tous les hommes et qui leur a confié la terre.
Je crois en Jésus-Christ qui est venu pour nous encourager
et pour nous guérir, pour nous délivrer des puissances
et pour annoncer la paix de Dieu avec l’humanité. Il s’est livré pour le monde.
Il est au milieu de nous le Seigneur vivant.
Je crois en l’Esprit de Dieu, qui travaille en tout homme de bonne volonté.
Je crois en l’Eglise, donnée comme signe pour toutes les nations,
armée de la force de l’Esprit et envoyée pour servir les hommes.
Je crois que Dieu, à la fin, brisera la puissance du péché en nous et en tout être humain.
Je crois que l’homme vivra de la vie de Dieu pour toujours.
Je ne crois pas au droit du plus fort, au langage des armes, à la puissance des puissants.
Je ne veux croire qu’aux droits de l’homme, à la main ouverte, à la puissance des non-violents.
Je ne crois pas à la race ou à la richesse, aux privilèges, à l’ordre établi.
Je veux croire que tous les hommes sont des hommes
et que l’ordre de la force et de l’injustice est un désordre.
Je ne croirai pas que je n’ai pas à m’occuper de ce qui arrive loin d’ici.
Je veux croire que le monde entier est ma maison et que tous moissonnent ce que tous ont semé. Je ne croirai pas que je puisse là-bas combattre l’oppression si je tolère ici l’injustice.
Je veux croire que le droit est un, ici et là, et que je ne suis pas libre tant qu’un seul homme est esclave.
Je ne croirai pas que la guerre et la faim soient inévitables et la paix inaccessible.
Je veux croire à l’action modeste et à l’amour aux mains nues.
Je ne croirai pas que toute peine est vaine.
Je ne croirai pas que le rêve de l’homme restera un rêve et que la mort sera la fin.
Mais j’ose croire, toujours et malgré tout, à l’homme nouveau.
J’ose croire au rêve de Dieu lui-même : un ciel nouveau, une terre nouvelle où la justice habitera.
( Dom Helder Camara (1909-1999) ,archevêque de Recife au Brésil .)