13/06/2012

Message de Monseigneur Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

 Aux prêtres du diocèse, j’ai annoncé la constitution prochaine de  l’Observatoire de la mission, dont j’avais décrit les contours dans ma Lettre pastorale. Il s’agira d’une instance de réflexion et de proposition missionnaire qui aura pour but, en lien avec le Conseil épiscopal et en dialogue avec le Conseil presbytéral et le Conseil pastoral diocésain qu’il nous faudra reconstituer, de promouvoir la nouvelle évangélisation dans notre diocèse.
  Au terme de l’enquête sur le kérygme qui m’a permis de collecter nombre de réponses très diversifiées, et alors que nous nous apprêtons à célébrer le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, qui coïncidera de manière significative avec le Synode des évêques sur « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », la fondation de ce nouvel organisme diocésain trouve ainsi toute sa pertinence. L’évaluation des nouvelles paroisses que j’ai demandée au Conseil presbytéral, et l’avancement de la visite pastorale du diocèse que j’ai entreprise depuis le mois de janvier 2010, m’apportent une confirmation sur l’urgence de la mission dans notre diocèse. Si la diminution du nombre de prêtres a eu pour effet positif une plus grande mobilisation des fidèles laïcs dans l’animation pastorale de nos communautés chrétiennes –comme je le constate avec bonheur dans mes visites- la difficulté de rejoindre les forces vives de la société reste entière, sans compter le souci de la relève qui gagne largement les rangs de nos laïcs engagés. Aussi, je suis de plus en plus convaincu de la nécessité d’un changement pastoral. Le remodelage de nos paroisses pourrait nous induire, si nous n’y prêtons pas garde, à privilégier une ecclésiologie anté-conciliaire, où il s’agirait de conserver une organisation territoriale nous donnant l’illusion de tenir nos positions sur le terrain, même avec moins de prêtres. Alors, à côté des « fidèles sociologiques » qui restent attachés, parfois exclusivement, à leur clocher, et du groupe de chrétiens engagés qui accèdent à une certaine mobilité et sur qui repose le fonctionnement de la structure paroissiale, la plupart des hommes et des femmes, à commencer par les jeunes, allant et venant sur le territoire de nos grandes paroisses, demeurent étrangers à notre organisation, et nous avons parfois l’impression désolante de ne pas pouvoir enrayer la décroissance.
L’ecclésiologie de Communion promue par le Concile Vatican II a pris acte de l’évolution de la société et nous a invités à repenser la paroisse, non pas d’abord à partir d’une structure territoriale mais comme une communauté de fidèles, placée sous l’autorité d’un pasteur propre, et appelée à annoncer l’Évangile au monde. C’est la vision qu’il nous faut privilégier. Or, une communauté chrétienne ne naît jamais d’une réforme de structure, mais toujours d’une annonce renouvelée de l’Évangile. Il ne s’agit pas d’abord de trouver les bénévoles dont notre structure a besoin pour fonctionner ; il ne s’agit plus seulement d’être présents au monde et d’apporter un témoignage de vie, pour être comme « le levain dans la pâte », ce qui fut comme la première étape de la mise en oeuvre du Concile Vatican II. Mais il faut revitaliser nos communautés par une nouvelle annonce de l’Évangile : c’est parce que les apôtres ont été « témoins de la Résurrection », dans la puissance de l’Esprit Saint, en proclamant explicitement le mystère du Christ mort et ressuscité pour nous sauver, que les hommes se sont rassemblés en son Nom et que la communauté s’est constituée. On ne pourra pas faire aujourd’hui l’économie d’une telle démarche renouvelée d’évangélisation. Je souhaite que l’Observatoire de la mission nous aide à amorcer ce changement pastoral pour que nos paroisses deviennent toujours davantage des communautés mis­sion­nai­res.
Mgr Marc Aillet

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